Le jeune photographe et l’oiseau blanc - Thomas Carter

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Le jeune photographe et l’oiseau blanc

Le jeune photographe et l’oiseau blanc - Thomas Carter

C’était un matin de printemps. Je me tenais debout sur les bords d’une rivière. Mon appareil photo en bandoulière sur l'épaule gauche, je regardais la rivière, les deux mains enfoncées dans les poches de mon manteau qui me tenait chaud.

Des arbres énormes formaient de formidables rangées de remparts de chaque côté de la rivière. Il devait être un peu plus de sept heures trente du matin. Tout autour de moi, permettaient de voir les gracieuses expressions de la nature. De petits rochers, ici et là dans le lit de la rivière, brillaient comme des taupes sombres. La rivière qui coulait, ressemblait aux longues tresses déliées de la nature, qui semblait s’être vêtue de velours vert. Le léger brouillard planait juste un peu plus haut que les premières branches des arbres.

Le ciel sans défaut et le gargouillis de l’eau, m'ont induit dans une profonde rêverie. J’ai alors pris mon appareil en main, bien décidé à faire des belles photos. Avec le soleil qui brillait, quelle que soit la direction vers laquelle on se tournait, la nature offrait un spectacle merveilleux.

D’abord sur les bords escarpés, j’ai pris une série de photos. Le visage de la nature changeait rapidement dans la lumière du soleil. Je m’évertuais à capturer toute image de cette généreuse beauté de la nature. Fasciné, je me suis assis sur la berge, en proie à une profonde méditation.

Puisque mon travail de comptable dans une des plus grosse firme de CPA Montréal est parfois difficile et stressant, mon passe-temps de photographe amateur me permet de me détendre. Ainsi, j’étais venu jusqu’à cet endroit réputé pour ses levers de soleil pour refaire le plein d’énergie.

Alors que j’étais assis là, à regarder les eaux en mouvement perpétuel, un jeune homme est venu se promener tout près, un appareil photo avec un long objectif pendant à son cou et le sac en bandoulière sur son dos. Jetant un regard attentif aux alentours, il se mit à s’organiser et à chercher des angles de prises de vue.

Le voyant concentré, dirigeant sa lentille de l'autre côté de la rivière, j’ai regardé dans cette direction. À une certaine distance, j’ai vu un grand oiseau, blanc comme la neige. Dès que le jeune homme a commencé à prendre des photos, le bel oiseau s’est envolé. J’ai alors observé le jeune homme. Son visage portait les signes d’une profonde angoisse et du désespoir. Il n’aura pas la photo tant désirée.

Il a bien tenté de dénicher un autre oiseau dans les parages, mais n’en a pas trouvé. En voyant son regard sombre, j’ai ressenti de la compassion pour lui et aussi de la pitié. Insensible à la profusion de beauté tout autour de lui, il avait choisi de concentrer toute son attention sur l'oiseau. Il m’a paru le symbole de la frustration de toutes ces personnes qui sont fixées sur leurs désirs, sans chercher à aller au-delà.