Par un hiver particulièrement difficile - Thomas Carter

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Par un hiver particulièrement difficile

C’était un hiver très enneigé, et je n’avais pas mis un pied dehors pendant toute ma semaine de vacances. J’avais longuement préparé des plats mijotés, et je prenais d’autant plus de plaisir à cette activité depuis que j’avais ce comptoir de cuisine en bois massif. Ma conjointe avait passé des journées entières à tricoter, à broder et à coudre. Elle avait eu, au Noël dernier, un assortiment de tissus dont elle se servait pour recouvrir le divan et les coussins du salon. Dans la salle où nous nous installons pour regarder des films, des émissions et d’autres divertissements qui nécessitent un écran, elle a ajouté des rideaux en velours noir. Nous les fermons quand la lumière extérieure est trop vive, ou le soir, pour avoir une ambiance confortable. Ils sont devenus indispensables. Elle en fit d’autres, pour notre chambre.

Elle a pris des draps en lin et elle les a ornés de broderies ton sur ton, d’un beige crème. L’effet est très agréable à regarder. J’avais d’autres occupations et je mettais toutes les photographies que j’avais prises pendant l’année dans des dossiers pour que je puisse les retrouver plus facilement. J’ai été surpris de voir que j’avais des clichés d’une amie que je n’avais pas vue depuis des années sur une période pendant laquelle il était impossible que je l’aie croisée. En plein milieu de ces photographies de mon séjour dans les îles Canaries, un portrait de la jeune femme apparaissait. Je ne connaissais ni cette photo, ni le lieu où elle avait été prise, le cadrage ne laissait pas voir le paysage. Quant à ce cliché, je ne l’avais jamais eu en ma possession avant ce jour-là. J’étais intrigué. J’ai continué le rangement des autres images et des vidéos.

Je ne me suis pas interrogé trop longtemps. Je suis passé à d’autres préoccupations lorsque j’ai constaté que je devais remplir une demande importante avant l’aménagement de cette extension à notre maison. Elle était prévue pour le mois de mai suivant, mais je préférais être en avance, plutôt que trop juste, pour que le chantier puisse débuter avec toutes les autorisations. J’étais occupé à remplir des formulaires quand je sentis la présence de mon épouse à mes côtés. Elle était arrivée à pénétrer dans un lieu sans être remarquée, tant elle est discrète. En s’approchant de l’ordinateur, elle le fit bouger imperceptiblement. La photographie de Sophie apparut, et Marie m’en expliqua la raison.