Retrouver un vieil ami - Thomas Carter

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Retrouver un vieil ami

Retrouver un vieil ami - Thomas Carter

J’avais envie de courir de nouveau. Plus jeune, je m’entraînais quotidiennement. Mais mon emploi avait des horaires un peu particuliers, je ne pouvais donc plus courir aussi souvent que je l’aurais voulu. Je m’étais astreint à recommencer le lundi soir une course hebdomadaire. La première fois, je me remis difficilement de cette séance. Trois jours furent nécessaires pour que je ne sente plus les douleurs musculaires qui me lançaient. Puis, je motivais un de mes collègues à venir avec moi. Il avait, lui aussi, envie de se remettre au sport. Nous avons finalement pris nos petites habitudes ensemble et nous allions courir dans le parc de notre ville très souvent. Malheureusement, mon partenaire sportif se foula la cheville et je restais seul pendant quelque temps à continuer mes séances du lundi.

Un jour, alors que j’allais partir, un homme s’arrêta devant chez moi et il sembla hésiter avant de sonner pour s’annoncer. Je ne le connaissais pas. En fin de compte, il passa son chemin. Je commençais à courir dans la rue, mes écouteurs sur les oreilles. Je sentis une présence près de moi. Je ralentis. L’homme que je venais de voir m’avait rattrapé et il voulait me parler. Je m’arrêtais et je le saluais. Je m’attendais à ce qu’il explique la raison de sa venue. Il me regardait avec instance. Tout à coup, je revis ce visage plus jeune, les cheveux clairs et sans les lunettes que cette personne portait. Je remarquais aussi qu’il avait quelques taches brunes peau.

 « Thierry ! » M’écriais-je. Un sourire que je connaissais bien apparut sur son visage. Je l’invitais à prendre un café chez moi. Il m’expliqua qu’il venait de s’installer dans le quartier. Il m’avait vu passer devant chez lui en courant. Mon visage et ma foulée ne lui étaient pas inconnus. La fois où il me revit, il m’observa avec plus d’attention. La mémoire de mon identité lui revint alors. Il souhaitait juste savoir ce que j’étais devenu. Nous avons évoqué de vieux souvenirs. Comme moi, il n’avait pas fondé de famille. Comme moi aussi, il se remettait à courir. Je lui proposais de venir avec moi la prochaine fois. Il accepta sans se faire prier. Le lundi d’après, mon autre partenaire s’était remis de sa foulure, nous sommes tous allés courir ensemble. Nous avons gardé ce rythme jusqu’à maintenant, nous nous revoyons avec plaisir même en dehors de ces séances sportives.